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benoitgueuning.com

Journaliste free lance, je collabore actuellement avec L'Avenir du Luxembourg, La Dernière Heure les Sports (et son supplément Belgium Running) et le Vlan. Je vous invite notamment à retrouver ici une sélection de mes articles.

20 km de Bruxelles: une longue journée qui méritait bien... un long compte-rendu!

Publié le 29 Mai 2017 par Benoît Gueuning in Bruxelles, Sport, jogging

Le mercure de plomb annoncé sur les 20 km de Bruxelles n'a pas découragé la grande majorité des 40000 détenteurs d'un dossard de se presser vers la capitale. Parmi lesquels un millier de moins valides souvent entourés par accompagnants leur offrant vingt kilomètres d'étoiles, 124 nationalités représentées et 30 % de femmes. Je faisais partie de ceux-ci, même si je dois bien avouer que la perspective d'allonger les bornes dans de telles conditions ne m'enchantait guère.

Pour me rendre à la grand-messe bruxelloise, une cinquième participation en ce qui me concerne, j'avais cette année opté pour le train, comme bien d'autres participants. Quel n'a déjà pas été mon étonnement à l'arrivée de celui-ci de découvrir qu'il n'était composé que trois wagons, sur une ligne pourtant très importante (Luxembourg-Bruxelles), mais surtout ajoutez aux runners les très nombreux touristes d'un jour ayant décidé de mettre le cap sur la côte belge vu la météo annoncée depuis belle lurette.

Mais bon, l'essentiel était pour moi de rallier la capitale et le convoi parti de Marloie vers 6 h 30 est arrivé à l'heure, peu après 8 h, à la gare Bruxelles-Schuman, située à quelques foulées à peine du parc du Cinquantenaire. Les grosses averses tombées tout au long du trajet vers Bruxelles avaient aussi entretemps réchauffé ma motivation, ainsi que celle de bien d'autres joggueurs, me laissant espérer des conditions de course un peu plus clémentes. A Bruxelles, c'est d'ailleurs un gros nuage noir qui nous accueille encore, annonciateur de conditions peut-être même dantesques. Mais avec un copain croisé dans le train, nous avons le temps de rejoindre les vestiaires au sein du Musée de l'armée et de l'aviation, et ses innombrables chaises allongées à perte de vue entre les avions.

20 km de Bruxelles: une longue journée qui méritait bien... un long compte-rendu!

Croisant encore quelques connaissances avec lesquelles je ne manque évidemment pas d'échanger quelques mots, je rejoins ensuite mon bloc, afin de prendre place dans l'un des six blocs prévus un bon quart d'heure avant le départ. Arrive enfin 10 h, l'heure du lâchée de la meute, sous un ciel qui a cessé de verser ses larmes. Sur le kiosque dominant la marée de dizaines de coureurs, c'est à la princesse Astrid qu'a été confiée le privilège de donner le coup de feu déclenchant le chronomètre, avec à ses côtés le Premier ministre Charles Michel et le bourgmestre bruxellois Yvan Mayeur.

La soeur du roi Philippe, qui avait pour sa part enfilé ses baskets il y a quelques années à peine, rejoindra même ensuite le gros du peloton pour s'élancer depuis l'une des six vagues,  les départs entre celles-ci étant espacés de cinq en cinq minutes chaque fois. La princesse sera d'ailleurs un peu moins chanceuse que les coureurs ayant bondi sur son coup de feu plus tôt, qui avait même fait sursauté le Premier ministre, l'arrivée du participant le plus redouté, la chaleur, ne s'étant pas encore invitée dès 10 h mais un peu plus tard. Alors que ceux qui la précédaient sur l'aire de départ avaient déjà allongé quelques kilomètres de foulées.

Ce qui ne l'empêchera pas de rallier l'arrivée, à l'inverse d'autres concurrents, une très petite minorité toutefois donc, terrassés par la chaleur. Et secourus par les 400 bénévoles de la Croix-Rouge, qui auront eu à intervenir à quelque 500 reprises, pour d'autres petits ou plus gros bobos aussi, même si aucun pronostic vital n'a heureusement été engagé, même si 23 personnes ont été acheminées vers les hôpitaux.

Les organisateurs n'avaient d'ailleurs pas manqué de mettre en garde les participants en leur demandant d'être à l'écoute de leur corps et aussi de bien s'hydrater. Les six postes de ravitaillement situés à chaque fois de part et d'autre du tracé avaient d'ailleurs été renforcés, avec un stock total de 350000 bouteilles d'eau. Soit une dizaine par coureur. Nombreux seront d'ailleurs ceux à embarquer deux voire même parfois trois bouteilles pour ainsi dire tous les trois kilomètres, pour s'hydrater bien sûr, mais aussi pour se rafraîchir la tête et tenir jusqu'au coup de rafraîchissement suivant. Le public présent aussi en masse le long du parcours et les nombreux musiciens auront aussi été d'un fameux coup de boost, pour aider la très grande majorité des coureurs à se hisser jusqu'à la ligne, après s'être en guise de dessert farcis la montée de l'Avenue de Tervueren.

Avec aussi la satisfaction pour certains d'avoir atteint leur objectif en termes de temps, mais aussi pour de très nombreux autres d'avoir simplement bouclé 20 km, pour la première fois parfois.

Des heures durant après, ou pendant la course encore, le peloton continuant des heures durant à déverser ses flots sur le Cinquantenaire, peu importe leur objectif, le moment était ensuite venu aux participants de communier. Et ce notamment avec leurs équipiers au sein des très nombreuses équipes de la partie, la plus imposante d'entre elles regroupant pas moins de 1200 coureurs!

Et puis aussi pour certains, comme d'avoir la désagréable surprise de devoir composer avec de gros soucis avec les transports en commun. Sur ma ligne de train notamment avec la suppression de plusieurs trains en raison de travaux, certes annoncés. Mais aussi et surtout pour reprendre le métro, avec des bouches d'accès  pour ainsi dire bloqués, aucun dispositif n'ayant été mis en place par la STIB (la société des transports en communs bruxellois) pour faciliter l'obtention d'un ticket nécessaire au franchissement des tourniquets donnant accès aux voies. Certains joggueurs ayant à la base par facilité laissé leur véhicule à un autre endroit qu'aux abords du Cinquantenaire, avaient déjà dû prendre leur mal en patience pour espérer rallier la ligne de départ.

Mais tous, vu l'absence totale de sanitaires sur le site, auront au final été encore un peu plus récompensés une fois de retour à la case départ de cette journée dans la capitale, en savourant une bonne douche encore bien plus rafraîchissante, revitalisante et méritée ! C'est parfois cela aussi les grands rassemblements de ce genre : devoir composer avec tous les aléas, naturels ou autres, pour aller chercher une médaille et lui donner un coup d'éclat supplémentaire.

Peut-être même plus, en exagérant certes un peu, que celui entre Le Kénya, le pays de Maru, vainqueur en une heure, et Bruxelles. Je ne regrette toutefois en rien cette belle journée riche en anecdotes! En en attendant d'autres sur d'autres épreuves...

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